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Thypericum perforatum Herbe aux piqûres, herbe de la Saint-Jean, herbe aux mille-trous, herbe aux brûlures.
Sensible à la mode et aux mirages de la chimie, la médecine s'est pratiquement détournée d'une médication aussi banale car le millepertuis pousse sur les talus, les chemins ou dans les buissons... Heureusement, l'homéopathie et la tradition populaire l'ont conservée."Hypéricum, écrit le docteur André Thibault, est aux nerfs ce qu'Arnica est aux muscles. Aussi le prescrit-on dans les contusions et les plaies des nerfs. Très indiqué en cas de sciatique, c'est également un draineur des nerfs. Il agit également dans toutes les plaies par instrument piquant" Ovales, veinées et opposées deux à deux, les feuilles du millepertuis paraissent, en transparence, criblées de piqûres ou de trous minuscules. Ce sont, en fait, des petites poches glanduleuses remplies d'une huile essentielle que l'on retrouve également sur les fleurs.
Baume Le mode le plus courant est le baume qui, préparé à l'avance, a l'avantage d'être immédiatement à portée de main. Sa recette comporte plusieurs variantes dont voici les moins compliquées :
Pendant 6 à 8 semaines, faire macérer 500 g de fleurs fraîches de millepertuis dans 1 litre d'huile d'olive au soleil en agitant souvent le flacon, filtrer.
Pendant 3 jours, faire macérér 500 g de fleurs fraîches de millepertuis dans un mélange d'un litre d'huile d'olive et d'un demi-litre de vin blanc, faire ensuite bouillir au bain-marie jusqu'à évaporation du vin, filtrer.
Conserver les deux préparations dans une bouteille bien bouchée.
D'une belle coloration rouge foncé, ce baume aux fleurs de millepertuis est indiqué en compresses pour les écorchures, les plaies guérissant mal, les ulcères variqueux, les contusions, les foulures, les irritations de la peau, les brûlures dont il calme immédiatement la douleur.
Pour des frictions, on fait légèrement réchauffer du baume et celles-ci sont efficaces pour soulager rhumatismes, goutte, sciatique et lumbago. En usage interne (6 à 8 gouttes sur 1 morceau de sucre), le baume est utilisé en cas de coliques, de crampes ou de troubles stomacaux.
Infusion 30 à 50 g de fleurs ou de sommités fleuries séchées de millepertuis pour 1 litre d'eau, chauffer à feu doux jusqu'à ébullition et laisser infuser 5 à 10 minutes. Prendre 3 tasses par jour, avant ou entre les repas. Cette infusion est conseillée dans les cas de catarrhe bronchique, asthme, aigreurs, gastrite, entérite, cystite, hydropisie, énurésie ou "pipi au lit", congestion du foie, mauvais fonctionnemet de la vésicule biliaire, règles irrégulières, métrite, ovarite.
On peut remplacer l'infusion par le vin de millepertuis. Pour cela, faire macérer, pendant un minimum de 2 semaines, 30 à 50 g de fleurs ou sommités fleuries, fraîches ou sèches, dans 1 litre de bon vin puis passer en exprimant à travers un linge fin. Prendre 1 verre à bordeaux avant les 2 grands repas. Ce vin, un apéritif, est un reconstituant tenu pour fortifiant des organes féminins.
hydropisie cardiaque troubles cardiaques...
Convallaria maialis Lis de mai, lis des vallées, clochettes des bois.
Ainsi que cela arrive souvent, l'empirisme a devancé la science et, plusieurs siècles avant que d'éminents chercheurs signalent la présence, dans notre porte-bonheur du 1er mai, d'un glucoside (baptisé convallatoxine) qui "constitue un très puissant remède cardiaque", on préparait déjà une infusion de fleurs de muguet destinée à soutenir les personnes "faibles du cœur" dans nos campagnes... On reconnaît aujourd'hui que les effets du muguet sont ceux d'un sédatif rétablissant l'équilbre du sympathique et exerçant une action tonique régulatrice sur le cœur.
Infusion Contre les troubles cardiaques d'origine nerveuse (palpitations) et l'hydropisie cardiaque. La recette : 1 ou 2 g de fleurs séchées de muguet pour 100 g d'eau bouillante, laisser infuser 5 minutes, sucrer fortement - au miel, de préférence - et prendre 1 fois par jour entre les repas.
hydropisie maladies de la peau (eczéma, dartres, psoriasis, impétigo, acné des adolescents, prurit des vieillards, boutons, croûtes de lait) œdème généralisé rhumatisme articulaire...
Viola tricolor Violette tricolore, petite pensée, pensée des champs, herbe ou fleur de la Trinité, petite jacée, herbe à la clavelée, violette des champs.
La pensée sauvage possède des propriétés médicinales qui lui valent (comme la violette, d'ailleurs) de figurer à la place d'honneur dans la pharmacopée familialle traditionnelle. C'est à elle qu'on fait appel dès qu'il s'agit de nettoyer le sang aux changements de saison et de soigner n'importe quelle maladie de la peau.
On récolte la pensée sauvage au moment de la floraison (on peut même garder les racines) et on la fait sécher à l'ombre le plus rapidement possible car, bien qu'elle soit arrachée, la végétation continue et diminue son efficacité.
La pensée sauvage est avant tout dépurative et diurétique, mais elle contient également du salicylate de méthyle d'où son indication contre les maladies de la peau, l'oedème, l'hydripisie, les rhumatismes articulaires accompagnés de fièvre.
Décoction On emploie la pensée sauvage en décoction légère (40 à 60 g de plante séchée pour 1 litre d'eau froide, faire tremper au moins 1 heure, chauffer doucement jusqu'à ébullition, faire bouillir seulement 10 à 20 secondes, laisser infuser 10 minutes).
Pour les éruptions cutanées et l'hydropisie, boire 3 à 4 tasses par jour, entre les repas ou une bonne demi-heure avant. Pour les rhumatismes articulaires, boire - toujours loin des repas - 1 litre de décoction dans la journée.
Pour renforcer l'action interne de la décoction de pensée sauvage en ce qui concerne les maladies de la peau, il est conseillé d'appliquer des compresses imbibées de la même décoction sur les parties intéressées.
acide urique affections de la peau artériosclérose cellulite congestion et insuffisances hépatiques
constipation diabète goutte jaunisse (finissante) paresse d'estomac rhumatismes troubles circulatoires...
Taraxacum officinale ou Taraxacum dens leonis Dent de lion, florion d'or, laitue des chiens, dent de chien, salade de taupe, couronne ou tête de moine, tête de moineau, liondent, pichaulit, cochet, chopine.
Il est nécessaire de faire une véritable cure de pissenlit au printemps pour remettre l'organisme à neuf en le débarrassant des déchets accumulés par la nourriture lourde et encrassante de l'hiver. Le pissenlit se mange cru en salade (arrosé, au moment de servir, avec des petits lardons fondus à la poêle...). Cuit, haché et relevé de beurre ou de jus de viande, le pissenlit constitue un plat plus savoureux que l'épinard. Incorporer toute l'année le pissenlit dans les potages avec quelques pommes de terre, des poireaux, des feuilles de chou, d'ortie et de plantain : on déguste alors une "soupe verte" qui est à la fois une douceur gastronomique et un mets-remède... Il faut également savoir que la racine de pissenlit contient de l'inuline, un composé azoté, de la vitamine D et de nombreux sels minéraux.
Sur le plan culinaire et diététique, il ne faut pas tomber dans l'erreur de choisir de préférence des pieds de pissenlit blanchis comme les endives... Ils sont certes plus tendres mais moins succulents et moins riches en principes actifs - manganèse surtout - liés à la présence de la chlorophylle.
Décoction La décoction de pissenlit séché (les feuilles sont récoltées au printemps ou en été, la racine au début de l'automne) se prépare en mettant à tremper à froid pendant 2 heures dans 1 litre d'eau 20 à 30 g de feuilles et autant de racine coupée en morceaux. Chauffer ensuite à feu doux jusqu'à ébullition, laisser bouillir seulement quelques secondes puis infuser 15 à 20 minutes. Boire 3 tasses par jour, ¼ d'heure avant les repas.
Quant aux fleurs de pissenlit, cueillies au moment où elles commencent à s'épanouir, elles ont un emploi dans les soins de beauté. Faire bouillir une bonne poignée de fleurs de pissenlit pendant ½ heure dans 1 litre d'eau puis passer à travers un linge très fin : on
obtient une eau de toilette avec laquelle on se lave le visage matin et soir pour faire disparaître les taches de rousseur.
> la recette de la fabrication du sirop de pissenlit
diabète dysentrie eczéma entérite aigüe fermentations intestinales hémorroïdes et flux hémorroïdaires incontinence d'urine ("pipi au lit") inflammations des voies génito-urinaires pharyngite prurit stomatites...
Vaccinium myrtillus Airelle noire, brimbelle, raisin des bois, vigne de la montagne, abrêtier, abrêt noir, moret, teint-vin.
Voici quelques dizaines d'années, le public a eu la révélation que la myrtille ne servait pas seulement à faire de la confiture, des tartes et de l'eau-de-vie mais qu'elle possédait des vertus thérapeutiques : on venait de découvrir que son enveloppe contient une substance qui agait sur le pourpre rétinien et renforce la vision nocturne. Depuis des siècles, les baies noires de la myrtille sont réputées pour leurs propriétés astringentes et désinfectantes, ce sont d'efficaces bactéricides naturels irremplacables en cas de diarrhée et de troubles intestinaux (leur décoction stérilise en 24 heures les cultures de colibacille et du bacille d'Eberth responsable de la typhoïde).
Décoctions Contre les inflammations des voies urinaires (cystite notamment), l'incontinence d'urine, les maladies de la peau (prurit, eczéma), faire une décoction de feuilles de myrtille : 20 à 30 g pour 1 litre d'eau, faire bouillir 5 à 10 minutes et boire 2 à 3 tasses par jour.
Les feuilles de myrtille abaissent le taux du sucre sanguin et sont donc préconisées contre le diabéte, seules ou mélangées à parts égales avec des feuilles de fraisier : 30 g pour 1 litre d'eau, faire bouillir 5 à 10 minutes et boire la totalité dans la journée.
Contre la diarrhée rebelle, l'entérite aigüe, la dysentrie et les fermentations intestinales, utiliser une décoction de baies de myrtille : 60 g pour 1 litre d'eau tiède, faire tremper 1 heure puis chauffer doucement jusqu'à ébullition, laisser bouillir 15 à 20 minutes puis macérer jusqu'au tiédissement. Prendre ½ tasse toutes les heures.
Cette décoction est également indiquée en bains de bouche ou gargarismes contre les stomatites, les aphtes, les pharyngites. Elle s'utilise en lavage contre les affections de la peau (eczéma, prurit) et, enfin, en compresses contre les hémorroïdes et les flux hémorroïdaires.
Les baies de myrtille se conservent parfaitement d'une année à l'autre si elles sont séchées à l'ombre. Elle peuvent alors s'utiliser
telles quelles contre les affections citées ci-dessus. Chaque heure, mâcher longuement puis avaler une pincée de baies séchées.
Teinture On peut confectionner une teinture de myrtille avec des baies fraîches. Elle aura les mêmes vertus que la décoction de baies. Dans une bouteille d'un litre, introduire 100 à 150 g de fruits frais, ajouter quelques clous de girofle et de la cannelle, remplir avec de l'alcool à 45° ou de l'eau-de-vie. La teinture sera prête au bout de 15 jours mais deviendra d'autant plus forte et efficace qu'elle restera longtemps (même des années) en macération.
On la prend soit sur un morceau de sucre (10 à 30 gouttes selon l'intensité du mal) soit dans de l'eau chaude ou du vin (1 cuillère à café pour 125 cc de liquide, potion à renouveler 8 à 10 heures plus tard - une troisième dose est rarement nécessaire).
anémie chlorose calvitie crampes d'estomac dartres diabète diarrhée eczéma entérite hémorragies internes et utérines hémorroïdes hydropisie incontinence d'urine ("pipi au lit") saignements de nez fréquents...
Urtica dioica ou Urtica urens Ortie doïque, grande et petite ortie, ortie brûlante, ortie piquante, ortie gringe, ortie grièche.
L'ortie ne mérite absolument pas sa mauvaise réputation dont le prétexte est que ses poils sécrètent un liquide contenant de l'acide formique qui irrite la peau quand on s'y frotte. Avant l'apparition de ce que l'on appelle "les aliments spéciaux", ses feuilles hâchées faisaient partie de la nourriture des volailles et des cochons et rendaient les chevaux plus fringants tout en leur donnant un poil brillant. Les feuilles d'ortie hachées servaient aussi au nettoyage des ustensiles de laiterie. Incorporées à la pâtée, les graines d'ortie poussaient les poules à pondre davantage. Soumises au rouissage comme le chanvre, les tiges d'ortie fournissaient un bon fil utilisé par les pêcheurs pour la fabrication de cordages et de filets.
Quand l'ortie est jeune, fraîche et tendre, on l'a toujours consommée soit crue, mélangée à de la salade, soit cuite, préparée comme des épinards ou d'abord bouillie puis hachée et additionnée à un potage auquel elle donne une saveur agréable.
Actuellement, l'homéopathie préconise l'ortie dans les cas d'urticaire avec des douleurs brûlantes et lorsque le prurit est intense. L'ortie est considérée comme un fortifiant général, un dépuratif et régénérateur du sang, un stimulant des fonctions digestives, un appoint précieux dans le traitement du diabète et un élément non négligeable contre l'hydropisie et les rhumatismes car elle facilite la sécrétion urinaire. Enfin, l'ortie est utilisée avec succès dans les cas de diarrhée, d'entérite et d'hémorragies.
Décoction On emploie les feuilles et les racines d'ortie, fraîches ou séchées, récoltées de préférence au printemps, en décoction légère à la dose d'une tasse avant les trois repas.
Prendre 40 à 50 g de feuilles pour 1 litre d'eau, faire bouillir 2 à 3 minutes et laisser infuser 10 minutes
Prendre 30 ou 40 g de racines pour 1 litre d'eau, chauffer à feu doux jusqu'à ébullition et laisset bouillir au moins 5 minutes puis infuser 10 minutes.
Suc et sirop Contre les hémorragies internes et utérines, les saignements de nez fréquents, les mémorroïdes et l'entérite :
Utiliser le suc de plante fraîche : 100 à 125 g par jour, pris en plusieurs doses entre les repas.
Soit prendre du sirop d'ortie : sur 250 g de feuilles fraîches, verser 1 litre ½ d'eau bouillante, laisser infuser 12 heures, filtrer puis ajouter 500 g de sucre. Utiliser 200 à 300 g par jour en
plusieurs prises, entre les repas.
Gâteau et pâte Les graines d'ortie ont également leur indication. Autrefois conseillées contre l'impuissance (une cuillère à café de graines d'ortie réduite en poudre et mélangée à du miel ou à de la confiture), elles sont avant tout un remède contre l'incontinence d'urine ("pipi au lit"). Sous deux formes :
Avec 16 g de semences d'ortie pilées et 60 g de farnie de seigle, faire une pâte en ajoutant un peu d'eau chaude et du miel. Former 6 petits gâteaux et les faire cuire au four. Donner un de ces gâteaux à manger à l'enfant tous les soirs pendant 8 à 20 jours (bien entendu, on fait autant de gâteaux que de besoin, en respectant toujours les mêmes proportions...).
Dans 50 g de beurre, mélanger 16 g de poudre de semences d'ortie, 20 g de poudre d'écorce de chêne et 20 g de poudre de tormentille. Étaler cette préparation sur une tartine de pain en y ajoutant éventuellement du miel ou de la confiture. Donner à manger cette tartine à manger le soir à l'enfant à la même fréquence que précédemment.
Lotion Pour tonifier le cuir chevelu, combattre la calvitie et faire disparaître les pellicules, on peut recourir aux lotions quotidiennes avec :
Soit une décoction aqueuse : faire bouillir 100 g de racines d'ortie dans 1 litre d'eau pendant ¼ d'heure puis filtrer.
Soit une macération alcoolisée : faire macérer 60 g de racines d'ortie et 60 g de sommités fleuries de marjolaine dans 1 litre d'alcool à 45° pendant 15 jours puis filtrer.
Un autre proécédé visant au même but consiste à se peigner à rebours chaque matin en trempant le peigne dans du suc d'ortie.